. Le, ne parvient pas à donner du sens à ce geste : ce renoncement précisément au sens de la musique, à tout ce qu'elle peut apporter, le laisse sans mots ; il achève la nouvelle sans avoir trouvé de réponse, et demeure, comme Anna, en deuil de cette « belle voix » (la nouvelle s'achève en effet sur ces mots : « Anna à qui une belle voix avait été si chère qu'elle semblait en porter le deuil » (des Forêts 2015 : 765)). Si l'on se réfère à la vie personnelle de des Forêts, il me semble qu'il y a là un écho de son renoncement à la vocation musicale. En tant que mélofiction, « Les grands moments d'un chanteur » se tourne

, Les extraits du Bavard et de La Chambre des enfants sont reproduits avec l'aimable autorisation des © Éditions GALLIMARD

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, Publié en 1983 sans « Un malade en forêt » ; contient « Les grands moments d'un chanteur », « La chambre des enfants, Louis-René des Forêts, La Chambre des enfants, récits, Paris : Gallimard, 1960.

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, Molieri sent qu'il n'est pas aimé pour lui-même, mais pour sa voix : « Ne faut-il pas supposer que l'amour en somme cruel d'Anna Fercovitz a joué un rôle non négligeable dans le "suicide" artistique de Molieri, suicide qui comme tant serait aussi ou d'abord une agression contre quelqu'un d'autre ?, pp.172-173, 1995.

, « Un chant si pur et si ineffable que cela tenait du miracle » (des Forêts 2015 : 582)

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, On ne peut en effet pas considérer Ostinato, malgré son titre, comme une oeuvre centrée sur la musique ; quant au livre qui devait s'intituler Le Voyage d'hiver (d'après Schubert), des Forêts en détruisit le manuscrit en 1951 après cinq ans de travail

, Pour reprendre le titre du séminaire 2017-2019 organisé par Nathalie Vincent-Arnaud et Frédéric Sounac à l'Université de Toulouse Jean Jaurès (Mélofictions : des histoires de la musique

, Emmanuel Delaplanche dit de Louis-René des Forêts qu'il « interroge l'acte créateur et se fixe pour principal défi l'élaboration d'une oeuvre profondément intertextuelle, assimilatrice, à la fois singulière et héritière, vol.59, 2003.

. C'est, du moins l'opinion de Midori Ogawa, qui parle d'une « parenté la plus évidente avec le conte fantastique, vol.84, 2011.

, innombrablement diverses, ses couleurs, ses registres, ses façons d'émettre, d'articuler, toujours uniques, qui font que la voix n'est pas un instrument parmi d'autres, mais une valeur en soi, parfois trop présente, jamais indifférente (« je suivrais Pavarotti jusqu'au bout du monde », entend-on dire : nous sommes en pleine érotisation de la voix) » (Boucourechliev 1993 :19). Et pour Georges Molinié (1995 : 11) : « Il faudrait aussi prendre à bras-le-corps la fascinante et troublante question poly-sémiotique de la voix, « Ce sont notamment les qualités spécifiques de la voix

C. Hauer-note-«-le-caractère-incarné-de-la-musique, « des personnes en chair et en os -le ou les exécutants -racontent quelque chose à d'autres personnes en chair et en os -les auditeurs. Par conséquent, toute musique est indissociable de la figure de l'exécutant, 2015.