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La révolution théologique stoïcienne

Résumé : La révolution théologique stoïcienne. La théologie stoïcienne apparaît pour le moins paradoxale, pour ne pas dire incohérente ou même absurde, à tel point qu'on pourrait même se demander si elle existe. En tout cas, elle n'a pas de rapport direct avec celle d'Aristote, qu'elle ignore totalement. Dans ces conditions, quelle pertinence peut-il y avoir à évoquer les Stoïciens à propos de la réception de la théologie aristotélicienne ? Comment interpréter ce silence stoïcien sur le Dieu d'Aristote ? Zénon commence à enseigner à Athènes à l'époque où Théophraste est à la tête du Lycée. Or, comme on le constate dans sa Métaphysique, le successeur d'Aristote ne croyait pas au Premier Moteur de son maître. On peut ajouter, à la décharge de ce dernier, qu'il n'a probablement pas cru, lui non plus, à son invraisemblable moteur ὡ ς ἐρόμενον, puisqu'il n'a pas jugé bon de publier Métaphysique L, et qu'il ne reprend, ne défend, ni ne développe cette conception théologique singulière, dont l'absence des débats philosophique de l'époque hellénistique montre que nul, au Lycée, ne l'a soutenue. Si dès Straton, le Lycée se retire de la scène philosophique, c'est la suite normale de la gestion théophrastienne de l'héritage aristotélicien. Théophraste n'a pas poursuivi le questionnement philosophique d'Aristote, dont les cours ont disparu de la circulation pour deux siècles et demi, signe du peu d'importance que lui accordaient non seulement ses élèves, mais le Stagirite lui-même, qui ne s'était pas soucié de les publier. Il est, de ce fait, extrêmement paradoxal que cette théologie à laquelle ni son concepteur, ni ses disciples, ni son école, n'avaient accordé de réel crédit, ait pu prendre une telle importance à partir de la création de l'aristotélisme par Alexandre d'Aphrodise, importance due, sans doute, justement à son caractère paradoxal. Il n'en reste pas moins que la comparaison entre les théologies aristotélicienne et stoïcienne, est extrêmement éclairante, et relève d'une pertinence qui tient à ce qu'elles appartiennent à la même configuration épistémique, sur laquelle elles opèrent des structurations radicalement différentes. Les théologies grecques doivent se comprendre dans leur contexte historique, qui est tout à fait singulier. La matrice du questionnement théologique grec réside dans la crise religieuse que connaît Athènes au cinquième siècle. Cité de potiers de vignerons et d'oléiculteurs, Athènes est restée à l'écart de tout le démarrage présocratique de la pensée grecque. Aussi, quand, à la suite des guerres Médiques, elle se trouve brusquement propulsée au premier rang du monde grec, et, par là, confrontée à cette rationalité nouvelle qui s'était développée en Ionie et en Grande Grèce, le choc est-il brutal. Les Athéniens n'étaient pas préparés à ces interprétations rationnelles d'un monde désormais accessible à des explications naturelles intelligentes. L'éblouissement que provoquent ces analyses qui offrent une toute nouvelle compréhension du
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https://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/hal-01753922
Contributeur : Jean-Joël Duhot <>
Soumis le : jeudi 29 mars 2018 - 19:33:36
Dernière modification le : vendredi 28 février 2020 - 10:40:05

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  • HAL Id : hal-01753922, version 1

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Jean-Joël Duhot. La révolution théologique stoïcienne. Baghdassarian, Fabienne; Guyomarc'h, Gweltaz. Réceptions de la théologie aristotélicienne : d'Aristote à Michel d'Ephèse, Peeters, 2017, Aristote, 978-90-429-3483-2. ⟨hal-01753922⟩

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