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Communication dans un congrès

Finis terrae, finis maris, finis mundi - La 'forteresse Amérique' et ses avant-postes atlantiques : stratégie périphérique et défense de l'avant en Europe, aux débuts de l'ère thermonucléaire

Francois David 1
1 CLESID - Centre Lyonnais d'Etudes de Sécurité Internationale et de Défense
Francophonie - Mondialisation et relations internationales
Résumé : L'objet de ce travail est de réfléchir à la notion de limites et de confins par rapport à l'intérêt national, en l'occurrence l'intérêt national américain. Nous partons des débuts de la Guerre froide c'est-à-dire du moment exact où la France cesse d'être une grande puissance et celui où les Etats-Unis deviennent une puissance globale. Ce tournant devient définitif à partir de l'administration Eisenhower, dont nous examinons la pensée stratégique. Après la Seconde Guerre mondiale, les responsables français se heurtent à la difficulté pénible de devoir inverser les perspectives géopolitiques et de ne plus se considérer comme le centre du monde. Le centre est devenu la périphérie et la périphérie est devenue le centre. Désormais, l'espace français et européen constitue une périphérie à double titre : la France vit concrètement le fait d'être le " finisterre " du continent eurasiatique, en bout de course d'une éventuelle conquête soviétique. Dans le même temps, la France devient la périphérie de la principale puissance du monde occidental, c'est-à-dire les Etats-Unis d'Amérique. Il s'agit d'une réalité objective et très concrète. Mais paradoxalement, si la France et l'Europe ne sont plus le centre du monde, le vieux continent reste le centre de gravité d'un éventuel affrontement nucléaire entre les deux blocs. Gagnera la troisième guerre celui qui réussira à conquérir ou à reconquérir l'Europe sans trop la dévaster. Le spectre de la Guerre nucléaire transforme donc notre continent à la fois en une chance et en un risque mortel pour les Etats-Unis. L'Europe devient un risque mortel dans la mesure où la moindre invasion russo-soviétique, même limitée, pourrait déclencher la troisième Guerre mondiale et déboucher directement sur un affrontement nucléaire Est-Ouest, susceptible d'affecter le continent nord-américain instantanément. Mais inversement, l'Europe peut aussi représenter une chance stratégique dans la mesure où un affrontement atomique se limiterait à son territoire, par une entente tacite de Moscou et Washington, soucieux d'éviter la destruction de leurs sanctuaires nationaux. Le conflit se jouerait uniquement aux périphéries des deux superpuissances en Europe et en Asie, par des échanges atomiques tactiques qui éviteraient des échanges nucléaires stratégiques entre la Russie et l'Amérique du Nord.
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/hal-00941519
Contributeur : François David <>
Soumis le : mardi 4 février 2014 - 00:28:13
Dernière modification le : lundi 10 février 2020 - 12:17:21

Identifiants

  • HAL Id : hal-00941519, version 1

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Citation

Francois David. Finis terrae, finis maris, finis mundi - La 'forteresse Amérique' et ses avant-postes atlantiques : stratégie périphérique et défense de l'avant en Europe, aux débuts de l'ère thermonucléaire. La France face aux crises et aux conflits dans les périphéries européennes et atlantiques du XVIIe au XXe siècle, Mar 2009, France. pp.207-219. ⟨hal-00941519⟩

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