Deux théâtres, un même conflit ? Le poids de l'Union française dans l'intégration atlantique

Francois David 1
1 CLESID - Centre Lyonnais d'Etudes de Sécurité Internationale et de Défense
Francophonie - Mondialisation et relations internationales
Résumé : Cette étude commence par évaluer le poids respectif de la guerre d'Indochine et de l'effort atlantique dans le cadre de la Guerre froide. D'un côté, la France a besoin de réaffirmer ses ambitions asiatiques, au moyen d'un corps expéditionnaire en Extrême-Orient, pour demeurer une puissance mondiale de l'après-guerre. D'un autre côté, la CED ou l'OTAN exigent que la métropole conserve des forces importantes en Europe, pour équilibrer le réarmement programmé de l'Allemagne occidentale (12 divisions). Les deux théâtres d'opérations sont sources de malentendus entre la France et ses alliés atlantiques, en particulier les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. D'une part, le conflit indochinois est autant une guerre coloniale (en contradiction avec le libéralisme américain), qu'un enjeu direct de la Guerre froide, qui contraint les Etats-Unis à subventionner l'effort de guerre français (1,1 milliard de dollars, somme considérable à l'époque). D'autre part, en Europe, l'Union soviétique représente la menace principale, tandis que l'opinion française s'obsède d'un réveil militariste allemand. Ces antagonismes expliquent l'indécision fondamentale du Parlement français à ratifier le traité de la CED, avant de le rejeter le 30 août 1954. Par la suite, des relations très difficiles subsistent entre la France et ses alliés, à propos de son incapacité à participer à l'effort commun. Les graves difficultés budgétaires françaises, l'inflation chronique, et désormais la guerre d'Algérie mettent en péril le réarmement conventionnel français dans le cadre atlantique. L'Afrique du Nord engloutit au moins les deux tiers des effectifs de l'armée française, y compris un équipement souvent financé par les Etats-Unis, entre 1952 et 1956. Dans ce contexte tendu, nous étudions les tentatives du haut commandement français pour définir une posture militaire en adéquation avec les besoins outre-mer, les lourds déficits budgétaires, et les exigences de l'OTAN sur le rideau de fer. Nous nous concentrons particulièrement sur le destin secret et chaotique du "Plan jaune" (1954-1955) et du "Plan orange" (1956-1958), proposés par l'état-major et le ministère français de la Défense afin de réorganiser les forces terrestres et de leur redonner une mission conforme à la place souhaitée pour la France dans l'OTAN.
Document type :
Journal articles
Complete list of metadatas

https://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/hal-00937911
Contributor : François David <>
Submitted on : Tuesday, January 28, 2014 - 10:47:47 PM
Last modification on : Thursday, February 7, 2019 - 2:49:07 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-00937911, version 1

Collections

Citation

Francois David. Deux théâtres, un même conflit ? Le poids de l'Union française dans l'intégration atlantique. Revue Historique des Armées, Service Historique de la défense, 2004, pp.18-32. ⟨hal-00937911⟩

Share

Metrics

Record views

139