Le même et l'autre : regards américains sur l'EuropeLe même et l'autre : regards américains sur l'Europe

Francois David 1
1 CLESID - Centre Lyonnais d'Etudes de Sécurité Internationale et de Défense
Francophonie - Mondialisation et relations internationales
Résumé : Au XX° s., si "l'homme de la rue" se concentre sur l'emploi et le pouvoir d'achat, les élites américaines, et en particulier les White Anglo-Saxon Protestants, portent un regard aigu sur le vieux continent. Les WASP se définissent comme les porte-étendards du messianisme américain - projet culturel et civilisateur radicalement novateur. L'Amérique des pères fondateurs, celle de Washington, Franklin ou Jefferson, s'est principalement érigée en contre-modèle des absolutismes et des aristocraties héréditaires. En 1900, les Etats-Unis sont alors un grand pays occidental, capable d'une politique mondiale, mais sans en posséder la motivation. Certes, le président Theodore Roosevelt a esquissé un premier pas, en offrant sa médiation au Japon et à la Russie (1905), et en faisant participer son pays aux conférences d'Algésiras (1906) et de La Haye (1907). Plongée dans les vieilles querelles européennes, l'Amérique saura-t-elle garder les mains pures ? En 1917, elle doit choisir : ou bien, dans le sillage de Th. Roosevelt mener une politique classique fondée sur l'équilibre des forces ; ou bien, revenir au testament isolationniste de George Washington (1797). Le président Woodrow Wilson (1913-1921) imagine une voie moyenne qui abandonnerait le "splendide isolement" tout en puisant aux sources idéalistes de la République américaine. Le regard des élites américaines devient alors, pas à pas, synonyme d'action, c'est-à-dire de salut et de rédemption du continent originel. Quels puissants ressorts ont fini par inciter l'Amérique à concevoir un rôle diplomatique et militaire à la hauteur de sa puissance économique ? Comment, au fil du siècle, l'Europe est-elle perçue à la fois comme une menace, une alliée, un fardeau, une rivale ? Pourquoi au fond, l'isolationnisme et "l'internationalisme" restent-ils les deux versants inséparables de la vision européenne des Etats-Unis ? Cette vision se déploie en trois phases : d'abord, une longue hésitation à honorer toutes les conséquences morales et géopolitiques de la Première Guerre mondiale ; ensuite, après 1945, la promotion massive de l'intégration européenne, au prix de maladresses indéniables ; enfin, après les années 1950, dans le contexte de la Guerre froide, le désir de ne pas dicter trop explicitement aux Européens le contenu de leur unité, dès lors qu'ils respectent le primat de la cohésion atlantique, sous direction américaine.
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Chapitre d'ouvrage
Penser et construire l'Europe (1914-1992) - Etats et opinions nationales face à la construction européenne, Armand Colin, pp.79-99, 2007
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Soumis le : mardi 28 janvier 2014 - 22:35:43
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Francois David. Le même et l'autre : regards américains sur l'EuropeLe même et l'autre : regards américains sur l'Europe. Penser et construire l'Europe (1914-1992) - Etats et opinions nationales face à la construction européenne, Armand Colin, pp.79-99, 2007. 〈hal-00937907〉

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