Accéder directement au contenu Accéder directement à la navigation
Communication dans un congrès

L'usage des dissonances dans la théorie du contrepoint de Juan Bermudo. Declaración de instrumentos musicales (1555)

Résumé : Dans le cinquième et dernier livre de sa Declaración de instrumentos musicales (1555), Bermudo expose deux systèmes d'écriture musicale : le contrepoint et la composition. Un élément essentiel de ces deux types d'écriture est la maîtrise de l'alternance des consonances et des dissonances. Pour le théoricien espagnol, le facteur déterminant de la consonance d'un intervalle est le jugement de l'oreille, mais la perception auditive dépend de l'habitude psychologique. Certaines combinaisons de sons, qui peuvent de prime abord nous paraître choquantes, finissent par plaire, si l'on s'habitue à les entendre. Les changements dans l'appréciation des consonances fait naître chez Bermudo la conviction que la valeur consonante ou dissonante d'un intervalle est relative. Il prévoit donc qu'à des époques ultérieures, d'autres agrégats et combinaisons de sons seront acceptés comme des consonances. Par conséquent, il n'y a pas d'intervalles interdits ou à proscrire, étant donné que tous appartiennent au langage musical et que tous sont utilisables. La maîtrise et la virtuosité résident dans la façon de manier les nouvelles combinaisons de sons de manière à ce qu'elles soient agréables à l'auditeur et puissent ainsi s'incorporer au discours musical. Le traitement des dissonances chez Bermudo est fondé sur la pratique des compositeurs de son époque. Les conseils de Bermudo quant à l'usage des consonances et des dissonances sont d'application pour la musique à plus de deux voix. Certains exemples montrent le placement des dissonances mélodiques à une seule voix, telles que le demi-ton chromatique, la quarte diminuée, la quarte augmentée et la fausse quinte. L'aspect le plus novateur de la théorie de Bermudo se trouve dans sa conception de la dissonance à l'intérieur du tissu harmonique. Il propose plusieurs procédés pour placer la dissonance de façon à ce qu'elle contribue à l'expressivité du discours musical. La dissonance acquiert une signification expressive ou esthétique qui justifie son usage, en créant une dynamique tension/repos, âpreté/douceur, qui se résout dans la consonance de la cadence parfaite où se trouve le repos et la stabilité de la perfection ; Selon Bermudo, la musique de son époque permet d'autres demi-tons que le demi-ton diatonique et toutes les combinaisons d'intervalles possibles, pour autant qu'elles soient bien mélangées, voire enchaînées, dans le discours musical. Cette liberté dans l'usage des dissonances fait la différence, pour Bermudo, entre la musique ancienne et la musique moderne.
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/hal-00841549
Contributeur : Paloma Otaola Gonzalez <>
Soumis le : vendredi 5 juillet 2013 - 10:10:31
Dernière modification le : lundi 10 février 2020 - 12:16:53

Identifiants

  • HAL Id : hal-00841549, version 1

Collections

Citation

Paloma Otaola Gonzalez. L'usage des dissonances dans la théorie du contrepoint de Juan Bermudo. Declaración de instrumentos musicales (1555). Théorie et Analyse Musicales (1450-1650), Sep 1999, Louvain-la-Neuve, Belgique. pp.271-291. ⟨hal-00841549⟩

Partager

Métriques

Consultations de la notice

212