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Communication dans un congrès

Le delta du fleuve Sénégal Une gestion de l'eau dans l'incertitude chronique

Résumé : L'incertitude peut être définie comme l'état de ce qui n'est pas déterminé, fixé, et par extension comme le doute vis à vis d'un avenir inconnu. Souvent teintée d'inquiétude, cette préoccupation est inhérente au mode de vie des populations sahéliennes puisque la variabilité interannuelle des pluies, qui commandent les ressources agricole et pastorale, est la règle. Comme telle, elle a déterminé toutefois dans ces sociétés des stratégies de défense, d'adaptation, patiemment mises en place au long de l'histoire, propres à limiter le risque climatique. Par ailleurs, cette incertitude liée à différents paramètres successifs (date de début des pluies efficaces, épisodes secs au sein de la saison pluvieuse, durée) s'inscrit dans un cadre temporel cerné, saisonnier. L'incertitude est en quelque sorte «normale», attendue et comprise. Attendue également mais moins bien comprise est celle vécue par tous ceux qui dépendent d'une ressource en eau fluviale, dont la production résulte de conditions climatiques dans un amont lointain, peu ou pas connu. Une même incertitude climatique présente en outre des degrés plus ou moins contraignants : une sécheresse accusée, répétée durant plusieurs années, n'est plus supportable et n'apparaît plus aujourd'hui acceptable. Dès lors, il est tentant pour nos sociétés techniciennes d'appliquer à ce mal chronique un remède tel que le barrage. Cela a été le cas dans le bassin du fleuve Sénégal avec la construction des deux ouvrages de Diama (1985) et de Manantali (1988), à la fin d'une longue période de sécheresse de vingt années. De nouveaux « désordres » apparaissent toutefois liés à des tâtonnements successifs dans la gestion des ouvrages hydrauliques ainsi qu'à des impacts négatifs pour lesquels les solutions de compensation, d'atténuation n'avaient pas été prévues en tant que telles ou dans leur financement. Enfin, en octobre 2003, une inondation dans la ville de St Louis a provoqué le recours à une intervention bénéfique dans l'instant mais désormais redoutable : le percement artificiel de la langue de Barbarie, accompagné d'une forte intrusion marine dans le bas estuaire. Ainsi les incertitudes changent de nature, l'homme n'apparaissant pas tout à fait maître des outils ou des solutions qu'il se donne. Les scientifiques eux-mêmes ont peu de certitude, s'interrogeant sur de possibles effets de seuil, sur les temps de réponse de tel ou tel paramètre. Les adaptations répétées nécessaires pour les acteurs vivant au plus près du fleuve provoquent lassitude, désillusion ou pour le moins des difficultés économiques dans le cadre de modes de production nouveaux.
Type de document :
Communication dans un congrès
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https://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/hal-00370662
Contributeur : Michel Mietton <>
Soumis le : mardi 24 mars 2009 - 17:47:28
Dernière modification le : mardi 6 octobre 2020 - 09:48:02
Archivage à long terme le : : jeudi 10 juin 2010 - 18:30:54

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Le_delta_du_fleuve_Senegal.pdf
Accord explicite pour ce dépôt

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  • HAL Id : hal-00370662, version 1

Citation

Michel Mietton, Dominique Dumas, Olivier Hamerlynck, Alioune Kane, Adrien Coly, et al.. Le delta du fleuve Sénégal Une gestion de l'eau dans l'incertitude chronique. Incertitude et Environnement, Nov 2005, Arles, France. pp.321-336. ⟨hal-00370662⟩

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